Échanges-Le blog de François Bocquet
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Institut François Bocquet

Interview de François Bocquet sur LCI par Michel Field
Interview de François Bocquet sur LCI par Michel Field - 17/20 du 15 mars 2011

Oser (re)devenir l'acteur de Soi [publié le 18 avril 2016]

La désappropriation de Soi
En 2006, 12.000 personnes en France ont mis fin à leur jour, 169.000 ont notoirement essayé, plusieurs millions y ont pensé. La problématique professionnelle (ou scolaire) est souvent impliquée. La mode est en effet à la souffrance en entreprise (ou à l’école). Les statistiques relèvent que le français moyen en 1934 riait chaque jour en moyenne entre 7 et 8 fois plus qu’aujourd’hui.
Certaines maladies exotiques comme le “burn-out” américain (épuisement professionnel) et le “karoshi” japonais (mort au travail) font en Europe une percée spectaculaire. Là où l’épidémie de la vache folle ou de la grippe aviaire frappe quelques individus hyper médiatisés, la dépression (visible ou larvée) concerne, a concerné ou va prochainement concerner plus de 12 millions de français. Les maladies mentales n’ont jamais été aussi bien portantes. Les “personnalités bipolaires”, c’est à dire les sujets épuisés nerveusement qui yoyotent entre l’effondrement et l’agitation fébrile n’ont jamais été aussi popularisées. On n’a jamais autant consommé de Prozac, de Valium, de fleurs de Bach, de massages, de Thalasso, de visites chez le coach, de séances chez le Psy ou de week-ends réparateurs chez Maman.

Une explication est peut être à chercher du côté de l’hyper complexité croissante de notre nouvelle économie. La croissance d’une économie de services ne peut se faire que par des gains de productivités subordonnés eux-mêmes à une complexité grandissante : toujours plus d’informatisation, toujours plus d’abstraction, toujours plus de spécialisation. Dans les échanges techniques avec votre opérateur téléphonique, il vous faut désormais sautiller patiemment de spécialiste en spécialiste, déballer à chaque fois toute une panoplie de numéros de clients, de numéros de dossiers ou d’identifiants kabbalistiques etc… et affronter après moult dialogues de sourds le jeu terrible de la “patate chaude” (avec vous-même dans le rôle du mistigri). Dans cette spirale de la complexité, plus personne ne comprend plus rien, ni plus personne. Des choses aussi traditionnellement banales comme la simplicité,l’orientation personnelle ou l’équilibre mental sont donc en passe de devenir une expérience rare, donc un produit marchand. Pour émerger hors de l’incompréhensible, il faut désormais des relais, des vulgarisateurs, des médiateurs, des intégrateurs ou des oracles comme autrefois à Delphes pour décoder les mots de la pythie historique (et hystérique).

Avec la raréfaction des échanges familiers se développe le marché de la Solitude. Comme aux Etats Unis, les relations humaines sympathiques basculent progressivement dans le domaine de l’économie marchande. Solitude et pauvreté sont plus que jamais soudées. Le seul moyen d’avoir un interlocuteur humain patient et chaleureux au bout du fil (Air France), c’est de payer. Le seul moyen de passer des vacances en compagnie de jeunes sympathiques (Club Med), c’est de payer. D’ores et déjà, il n’y a aujourd’hui pas de meilleur moyen de faire des rencontres que de butiner sur des sites payants (parfois mythiques). L’écoute active et patiente, par exemple , devenue une denrée rarissime, se monnaye plusieurs centaines d’euros auprès d’un coach qui a lui même suivi à prix d’or une formation de coach auprès de spécialistes internationaux.

La valeur se déplace de la qualité de la marchandise à la qualité de la relation marchande. Si vous êtes titulaire de la carte “Golden executive”, votre opérateur téléphonique vous offre un service affable et personnalisé ; si vous êtes un “utilisateur de base” vous n’aurez droit sans doute qu’à un répondeur vocal (assez obtus) à piloter avec des touches. La relation commerciale n’est plus le complément normal de la transaction : elle devient la transaction elle-même. Du coup on peu se demander si une relation chaleureuse mais désintéresséereste encore possible (surtout dans une grande ville) ? Les relations authentiques seraient elles une espèce en voie de disparition ?

Les hypermarchés du c½ur
Le marché du confort matériel et de l’information étant dorénavant proche de la saturation, un nouveau Business gigantesque se profile : celui du c½ur. Les marchands de rêve, d’écoute ou d’amitié sincère ne se sont jamais si bien portés que dans une société d’autistes où chacun, dans sa bulle, pris en étau entre son mobile et son lecteur MP3, se trouve paradoxalement coupé de la communauté humaine authentique. Les télécommunications sophistiquées ont confisqué la communication élémentaire. Les relations authentiques, comme le déchiffrage du monde, comme l’orientation personnelle, comme l’équilibre affectif sont devenues une marchandise soumise aux lois de l’offre et de la demande.
Cette perte de l’indépendance intime, inédite dans l’histoire, s’explique en grande partie par la reproduction à l’échelle de l’économie de services du taylorisme industriel et de la parcellisation des tâches. L’hyperspécialisation (combinée à l’urbanisation) implique la dépendance de chacun vis à vis de tous : pour le logement, l’alimentation, les déplacements, mais aussi désormais pour les sanctuaires de la vie
privée : intimité, sérénité, intelligibilité du monde. Votre réseau d’amis, la qualité de votre vie familiale, votre qualification professionnelle, votre épaisseur humaine et tout ce qui définit votre identité personnelle ne se méritent plus. Dorénavant elles s’achètent. Peut être un jour les trouvera-t’on cotées en Bourse. Le marché de l’Avoir a annexé celui de l’Etre.

Un grand malaise alors s’installe. La dépendance inhibe l’authenticité : quand les enjeux sont forts, on est incité à tricher. Les relations artificielles se généralisent. On livre à la rigueur ses émotions à un spécialiste dûment rémunéré. On les inhibe dans un contexte professionnel où elles seraient tout à fait déplacées. Le “professionnalisme” ne rime guère avec la spontanéité.
Rien n’est plus ordinaire, dans une entreprise postindustrielle, que de se laisser dépouiller de soi-même. L’abolition des frontières, l’effondrement des hiérarchies, le tout numérique, l’accélération de tout, la compression du temps, les appels incessants au changement ou à l’éparpillement ne laissent plus de place à ce qu’on a appelé longtemps le caractère, c’est à dire la personnalité spontanée, authentique. Etre “professionnel”, c’est avoir renoncé à être soi-même en entreprise.

Il en découle une civilisation du travestissement et du mensonge. Les mirages, les fantômes ont doucement occupé l’espace déserté. Dans la jungle de l’hyper choix mondialisé, il faut des points de repères, des pistes balisées, des autoroutes. Ces autoroutes, ce sont les marques. Dans l’océan de l’hyperchoix, les marques sont les seules boussoles. “Etre branché” donne l’illusion de surnager. Ce n’est qu’en jouant à ce qu’on n’est pas qu’on peut éviter la noyade.

Avec la superficialité des apparences, la solitude explose. Et l’insatisfaction, le malaise professionnel, la dépression chronique sont au fond une réponse logique à cette nécessité de devoir en permanence tricher sur qui on est (vraiment).

La réappropriation de Soi


La réappropriation de Soi commence avec le refus, quotidiennement renouvelé, de toute forme d’esclavage, y compris celui de ses propres habitudes.

L’homme en se défaisant se fait.

L’authenticité professionnelle prend ainsi ses racines dans le refus des solutions toutes faites, du prêt-à-porter, du prêt-à-penser, du prêt-à-consommer. Le collaborateur “authentique” sélectionne jalousement ce qu’il consomme. Il a intégré les limites de la boulimie indifférenciée, de l’hyperchoix qui rend fou. Il a compris que l’avenir de l’entreprise ne réside plus dans la production, la distribution ou la communication de masse mais dans l’agilité relationnelle subtile, dans l’aptitude à proposer des filtres personnalisés, de la simplicité, de la légèreté, de l’espace pour respirer. Il sait que l’avenir de la valeur ajoutée se niche dorénavant dans la valeur soustraite. Il a compris que le bien être en entreprise ne réside plus dans la propriété tranquille d’une “planque”, mais dans l’expérimentation continuelle de comportements nouveaux, dans la sincérité (parfois risquée) de relations individualisées, dans l’authenticité de l’effort pour se réinventer chaque jour.

Cette libération informelle, jaillissante, hors du confort, du conformisme et de la boulimie facile est aux fondements du développement personnel durable. Mais peut-on se on se former à l’informel ?

La formation libérée


Le développement personnel durable est à la source de la croissance économique du siècle à venir. A l’Economie “industrielle” ou “matérielle” des 19ème et 20ème siècles a succédé une économie du traitement de l’information : nous sommes en plein dedans. Mais cette Economie “intellectuelle” ne durera pas très longtemps : le coût de stockage, de traitement ou de diffusion tend vers zéro et une économie du “gratuit” ne peut qu’être fragile. Une troisième vague d’Economie “relationnelle” va donc prendre la relève. Fondée sur les “hypermarchés du c½ur”, l’Economie du 21ème siècle ne pourra créer de la croissance durable que par toujours plus de services hautement personnalisés. L’avenir est aux coachs, à l’assistance individuelle, aux geishas raffinées, aux conseillers privés. Toutes ces professions exigent une formation approfondie aux relations humaines, à la compréhension des personnalités différenciées, à la “Communication Différentielle”. Il va de soi que ce genre d’aptitudes ne saurait s’acquérir par le biais des modèles de formations scolaires que nous tenons de l’époque industrielle. La formation tayloriste de masse gomme par principe tout ce qui lui échappe… c’est à dire presque tout dans le domaine des relations individuelles.

Depuis 1986 nous travaillons à l’Institut à une toute autre approche que nous avons baptisé la “formation centrée sur la personne”. Cette approche prend le contrepied de la formation traditionnelle axée sur les méthodes, les supports ou la performance individuelle du formateur. Elle se décentre volontairement de son objet afin de pouvoir mieux se centrer sur le profil de l’apprenant. Les “solutions toute faites” sont abandonnées car dans une l’Economie Relationnelle du Futur, il n’y a justement plus de “solutions toutes faites”.

La formation “centrée sur la personne” opère au rythme du sujet, souvent par petites touches d’expériences effectivement vécues : conférences, séances hyper-intensives (“modes d’emplois”), formations approfondies, cycles d’expertise, bilans individualisés en tête à tête, e-learning de la 3ème génération, accompagnement sur le lieu de travail. La formation se met, comme un orchestre, au service d’une dynamique intérieure de long terme. Le formateur n’est plus un “enseignant”, c’est un libérateur.

Une formation authentiquement libératrice, doit elle-même être libérée des contraintes liées à l’Espace (déplacement), au temps (format), à la méthode (formule) et aux modèles hiérarchiques traditionnels d’apprentissage.

En d'autres termes, en matière de formation ou de transformation hautement personnalisée, la morale, les conseils et les codes de bonne conduite ne servent pas à grand chose. Tout ce qu'on peut faire, c'est libérer un collaborateur de la spirale du conformisme, de la solitude, de l'insatisfaction et de la démotivation en l'accompagnant à devenir qui il est au travers de la révolte, de l'expérimentation et de l'amour authentique.

triangleQu'en pensez-vous ?ajouter un commentaire
Rédigé par Sophie Ducourthial 06 décembre 2008
Bonsoir François, la société évolue très vite, l'avènement des nouvelles technologies orientent un nouveau rapport au monde, une mobilité accrue, un rapport au temps qui devient de plus en plus caduque disposer tout de suite, les rapports humains peuvent paraître complexes car la perte de soi dans le sens la non conscience de soi-même fait que l'on peut se perdre dans l'autre.. Oser être soi-même est se connaître petit à petit, connaître ses limites et les accepter pour dégager au final ses potentialités et se respecter. Quand on apprend petit à petit à s'aimer à (se) discerner petit à petit de ce qui nous appartient réellement et de ce qui ne nous appartient pas on commence à s'écouter et devenir soi-même, pas tout le temps mais déjà un peu. Pour accéder à cette conscience de soi-même. La posture d'un formateur et d'un facilitateur est selon moi primordiale pour aider l'autre à devenir soi-même il doit avoir une (profonde) écoute de lui-même qui lui permet de ce centrer et d'être à l'écoute de l'autre. Il n'y a pas de recette miracle pour aider l'autre en revanche il y a un profond respect de soi-même et de l'autre qui va faire que tout est possible à la mesure de la possibilité de la personne qui est en apprentissage, il s'instaure aussi une forme de neutralité bienveillante , on impose rien à l'autre on propose en fonction de ce qu'il peut recevoir même si il ne peut recevoir qu'un grain de sable, ce grain de sable est tellement juste pour lui que cela le tapisse dans son être qu'il se nourrit. S'il on s'ajuste à la capacité de l'autre juste à ce qu'il peut recevoir pour être sur son chemin, le conformisme, les modèles, les codes de bonnes conduites n'ont pas lieu d'être, car l'apprenant commence à comprendre (= prendre avec lui) qu'il est unique. Face à notre ère qui est en mutation l'agilité à rebondir en partant de son centre et de s'ajuster aux évènements est selon moi une aide précieuse.
je ne vous ai pas répondu toute de suite (cf.notre échange tel avant votre départ pour le Brésil) mais avec du recul je n'étais pas prête. J'aimerai connaître votre avis sur les évènements conjoncturels actuels.
Bien cordialement.
Sophie
s.ducourthial@free.fr
Rédigé par Monique RENAULT 03 octobre 2009
la réappropriation de soi, commence par le refus.
Merci, je me retrouve dans cette phrase. je suis secrétaire intérimaire et parfois j'ai l'impression en fin de mission d'avoir échoué ; en fait, c'est parce que malgré la qualité de ma prestation reconnue, je ressens que les personnes me voient partir avec soulagement. Mon bien être et ma personnalité qui m'est propre leur fait peur.
Voilà, parce que je sais restée moi même dans toutes les circonstances dans la vie.
Meilleures salutations
Mme Renault Monique
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