Échanges-Le blog de François Bocquet
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Institut François Bocquet

Interview de François Bocquet sur LCI par Michel Field
Interview de François Bocquet sur LCI par Michel Field - 17/20 du 15 mars 2011

La fin des hiérarchies [publié le 11 juillet 2016]

Au commencement était Pharaon. Tant que l'homme se contentait de se nourrir de bananes, point n'était nécessaire en effet de bâtir une organisation sociale. Mais le développement de l'agriculture dans la vallée du Nil demande une vaste organisation pour planifier les semailles et les moissons, entreposer les semences et les récoltes, comptabiliser les résultats et fabriquer des papyrus pour pouvoir les noter. Cela demande un organisateur talentueux. Or, un territoire finit toujours par appartenir à celui qui l'organise. Et un jour, l'individu O sollicité comme consultant en "reingeenering" par les individus A, B et C afin d'optimiser leurs méthodes de production décide que son importance justifie un statut. Ce jour là il dépose une couronne sur sa tête, se fait construire un palais et se proclame fils du soleil ou dieu vivant. Ce n'est pas par hasard si l'Egypte ancienne qui vit naître l'agriculture vit également surgir les Pyramides, apparaitre l'Ecriture et la Bureaucratie. Car derrière tout cela se profile une seule et même logique : celle de la société hiérarchisée avec les grands chefs, les sous-chefs, les petits chefs et les scribes. L'ordre pyramidal, partout, est la conséquence de la grande entreprise où les acteurs multiples n'ont pas le moyen de communiquer ou de s'organiser entre eux.

Les choses ne s'arrangent pas avec la Révolution Industrielle du 19ème siècle. Les grandes usines comme les grands états exigent de vastes bureaucraties où la centralisation est de règle. Il n'y a en effet pas d'autres moyens de faire collaborer des milliers ou des millions de travail que de les organiser en étoile avec un grand nombre de relais qui ont vite fait de développer une mentalité de petit chef, autant pour abuser de la situation que pour s'acquitter correctement de leur mission de coordination intermédiaire. Certains pays, comme la Chine ou la France se font alors les champions de l'ordre hiérarchiques pour des raisons autant historiques (l'héritage d'un empire) que religieuses (la tradition catholique) ou géographiques (un cadre de vastes plaines fertiles et peuplées). D'autres en revanche comme l'Angleterre ou les Pays Bas développent une organisation moins hiérarchisées parce que leur économie repose moins sur l'exploitation de la terre que celle des océans.  

Les technologies de la fin du 20ème siècle changent radicalement la donne. Le téléphone, le mobile, le sms ou l'e-mail permettent à tout individu de communiquer directement, immédiatement (et parfois gratuitement) avec tout autre individu de l'univers. A, B et C ont beaucoup moins besoin de l'individu O pour les aider à travailler ensemble. Les relations horizontales entre eux se multiplient au détriment des relations verticales ou hiérarchiques qu'ils entretenaient avec O. O ne peut plus prétendre être fils du soleil sous peine de sombrer dans le ridicule (ou de déclencher une révolution).

Depuis quelques décennies, toutes les hiérarchies s'effritent et quelquefois se désagrègent. L'Empire Soviétique s'effondre d'ailleurs en 1989 quand 10% de sa population est équipée du téléphone. En Chine en revanche, la répression s'abat Place Tien Anmen car 5% seulement en est équipée. Autant la télévision, qui est un média vertical, est susceptible de renforcer un pouvoir central, autant le téléphone ou internet constituent des menaces pour eux.

Aujourd'hui les grandes entreprises hiérarchisées vacillent. Beaucoup sont tentées de sous traiter ou d'externaliser un maximum de fonctions pour reprendre de l'oxygène. Elles font tout ce qu'elles peuvent pour se réorganiser en réseaux plats plutôt qu'en pyramides verticales et pour réduire au maximum le nombre de niveaux hiérarchiques intermédiaires. Dans cette course à l'horizontalité, la France a plus de mal que d'autres. Marqués toujours par l'Empire Romain, la tradition catholique et la culture de l'Etat central tels que le voyaient Louis XIV, Napoléon ou la plupart des présidents de la Vème république, les Français ont un sens très profond de la hiérarchie qui n'a paradoxalement d'égal que leur individualisme.

Moins individualistes, les cultures de demain seront cependant également moins hiérarchiques. La France doit s'attendre à deux mutations culturelles de grande ampleur qui ne manqueront pas de provoquer des turbulences.  

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