Échanges-Le blog de François Bocquet
Photo de François Bocquet
Biographie
 
L'angoisse de l'escargot privé de sa coquille
L ingénierie du vivant
Le village absorbé par la ville
Petite annonce
La faim des horaires
Autre billet
La certitude de l'incertitude
La fin des hiérarchies
Les technologies de la singularité
Le marché de la sieste
Le temps de la singularité
Trois axes pour créer de la valeur ajoutée
Définition du mot « travail ».
L'école en Finlande
L economie de la relation
La mégamétamorphose
La dissolution de l'Etat
Le buffet
Ma maison, c'est chez vous.
Des tulipes sur le toit : notre salut ?
Quand l'Emploi cède la place à deS activitéS
La dynamique de la culture
L'accueil fait au "caractère" à travers le monde
La fin des hiérarchies
Adieu Verdun
Le silence, produit de luxe par excellence
La Culture, c'est l'exclusion des autres
Un paradigme sans avenir
La saisonnalité volontaire
La cité hôtelière du futur
Obésité : une épidémie sans avenir
Oser (re)devenir l'acteur de Soi
Le post-individualisme
Le marché de la frugalité
Ou
La vie privée, nouveau luxe
La fin du billet vert
Le malaise des intermédiaires
Bibliothèques
L'insouciance n'est plus au programme
Apprendre à dire "No"
La fin du travail
Votre position sur l'échiquier
Une école au service des élèves
Du vêtement et de la permanence universelle du mouvement
Des régulations ou dérégulations internationales ?
Est-il encore possible d'être heureux en France aujourd'hui ?
L'eau moins courante
Tourisme et vacance(s)
Ordinhumain ou Huminateur ?
Un paradigme sans avenir
Ouverture
La fin des sociétés
L intelligence globale
La construction de soi
La dynamique personnelle
Derniers commentaires
Les Editions Performances
 
Decouvrez la face cachée de votre personnalitéDictionnaire des mots en voie de disparition

Ce « dictionnaire » explore toutes les pistes de la métamorphose économique, écologique... et idéologique que nous sommes en train de vivre en direct.
 
  >> En savoir plus  
 
  Decouvrez la face cachée de votre personnalitéDécouvrez la face cachée de votre personnalité
 Un catalogue, non exhaustif, des façons de devenir soi-même et d'évoluer sans cesse tout en restant fidèle à ce que l'on est.
 
  >> En savoir plus  
        
 L'art de perdre son temps et d'en faire perdre aux autres
  Comment gérer le temps éparpillé… du temps présent.
  >> En savoir plus  
        
  L'art de se faire
des ennemis et de saboter ses relations de couple
 Retourner à l’authenticité authentiquement artificielle.
 
  >> En savoir plus  
         
  L’art de démotiver ses collaborateurs
et de saborder son entreprise

 Une boussole pour les dirigeants… déboussolés par la perte de leur joie de vivre ou du sens de leur fonction
 
  >> En savoir plus  
     
 Arrêter de se raconter des histoires
  Ce livre raconte l'histoire d'un vieux pays (que nous nommerons la Gaule) qui aime à se raconter des histoires.
  >> En savoir plus  


Institut François Bocquet

Interview de François Bocquet sur LCI par Michel Field
Interview de François Bocquet sur LCI par Michel Field - 17/20 du 15 mars 2011

Le post-individualisme [publié le 04 avril 2016]

Si l'on regarde le mouvement général de l'histoire, le développement de l'individualisme y apparait comme l'axe principal d'évolution culturelle. Introduit par le judaïsme, amélioré par la démocratie athénienne, il est universalisé par le Christianisme qui affirme haut et fort que chaque individu détient son ticket pour le paradis. C'est d'ailleurs ce qui vaut aux chrétiens d'être persécuté pendant un siècle ou deux, car donner aux esclaves une âme équivalente à celle des citoyens romains remettait sérieusement en cause les fondements de l'économie et de la société. L'Individualisme se développe encore avec l'Amour Courtois, exulte pendant la Renaissance, triomphe pendant la Révolution Industrielle. En incitant chaque personne à libérer toutes ses ressources afin de satisfaire toutes ses envies, il provoque en Europe une explosion d'initiative et de créativité qui fonde le Capitalisme et la prospérité. Sa contagion au monde au cours du 20ème siècle déclenche une croissance économique sans précédent, laquelle provoque une explosion démographique de 1 milliard d'humains en 1800 à 9 milliards en 2050.

L'Individualisme, comme toute chose, à un prix

1) En mettant en compétition les individus les uns contre les autres, il favorise les inégalités de toutes sortes et donc les tensions et les guerres.

2) Cette culture de la compétition isole les individus les uns des autres. Elle favorise la suspicion, la haine et les conflits non seulement entre les peuples comme dans l'Antiquité mais à tous les niveaux de la société : voisin contre voisin, parent contre parent, employé contre employeur, client contre fournisseur. Elle dégrade la cohésion et l'harmonie sociale substituant aux communautés rassurantes des groupes d'individus sauvages qui sous des apparences polies ne pensent qu'à se manger entre eux. Les asiatiques (plutôt moins individualistes) qui viennent passer les fêtes dans les capitales européennes (plutôt plus individualistes) sont parfois envahies d'un malaise connu sous le nom de "Maladie de Paris", s'enferment dans leur chambre d'hôtel pour n'en sortir que le jour du retour.

3) L'obsession du progrès personnel, s'il favorise le progrès collectif induit un redoutable "stress du changement" auquel les esprits jeunes peuvent s'adapter plus que les personnes vieillissantes. Il n'est pas bon de vieillir en Occident. On y est vite marginalisé.

4) La boulimie individuelle atteint rapidement ses limites quand elle veut être partagée par les 9 milliards d'individus qui devront cohabiter en 2050. Il n'y aura alors plus assez de matières premières, d'énergie, d'eau potable, d'air pur et d'espace tempéré pour contenter tout le monde. La success story hollywoodienne était possible dans un contexte de ressources illimitées. Elle ne l'est plus lorsque toutes les ressources disponibles sont mobilisées. Les différentes "crises" du début du 21ème siècle ne sont que l'expression d'une incompatibilité profonde entre les appétits illimités d'un nombre toujours croissant d'individus et les ressources limitées de leur pré carré. On sait que lorsque le nombre de rats enfermé dans une cage augmente au delà d'un point critique, on voit se développer une multitude de comportements "aberrants" (comme le suicide ou le cannibalisme) dont le seul point commun est de recaler les besoins collectifs à l'échelle des ressources disponibles. L'individualisme est l'expression culturelle de la croissance économique. Il a toute sa place dans un Eldorado désert comme le furent les Amériques. Il devient suicidaire dans l'Uttar Pradesh ou l'Afrique Subsaharienne d'aujourd'hui.

L'Individualisme pose donc un dilemme. Il conduit à l'Apocalypse mais en même temps il a le goût si sucré qu'il est devenu le sens irréversible de l'histoire. On ne peut pas continuer comme cela. Mais en même temps personne n'a envie de revenir au Moyen Age. Dans cette impasse, vous ne voyez, j'en suis certain que trois solutions :

1) Réduire massivement la population du monde (Ségolène Royal préconise le chèque contraception)

2) Autoriser des inégalités terribles entre des masses affamées et une élite privilégiée (dont vous ferez bien sûr partie)

3) Inventer une idéologie nouvelle qui fera en quelque sorte la synthèse entre l'individualisme (mortel) et le sens du collectif (rébarbatif), une religion nouvelle qui synchrétisera le salut personnel promis par le Christianisme avec la discipline sociale préconisée par le confucianisme. De cette religion nouvelle vous seriez alors évidemment l'apôtre.

triangleQu'en pensez-vous ?ajouter un commentaire
Ajouter votre commentaire



captcha

Changer le code anti-spam
* Tous les champs sont obligatoires.