Échanges-Le blog de François Bocquet
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Institut François Bocquet

Interview de François Bocquet sur LCI par Michel Field
Interview de François Bocquet sur LCI par Michel Field - 17/20 du 15 mars 2011

Ma maison, c'est chez vous. [publié le 22 août 2016]

La notion de domicile fixe est déjà un archaïsme pour certains. Les Tsiganes, gypsies, Zigeuner, zingari et autres gens du voyage sont habitués depuis longtemps aux charmes de la vie nomade. Aujourd'hui, l'effacement des frontières, l'ouverture aux cultures et aux langues étrangères, le low cost aérien et le développement continu, en dépit de toutes les crises, du tourisme international favorisent la pratique du village planétaire. Demain, les changements climatiques, les famines et la raréfaction de l'eau favoriseront les migrations de masse : il y aura toujours plus d'individus vivant dans un pays où ils ne seront pas nés.

Tous ces voyageurs du futur ne seront cependant pas des nomades à proprement parler, c'est-à-dire des errants sur une terre inconnue, mais plutôt des polysédentaires, des habitués simultanés de plusieurs centres entre lesquels ils se partagent. Dans un monde polycentré, il n'y a en effet plus vraiment de capitales nationales, mais plutôt un réseau de capitales internationales, qui se ressemblent comme des sœurs et entre lesquelles se partage une élite cosmopolite que nous pourrions appeler la « cosmélite ».

Cette cosmélite voyage beaucoup, mais hante régulièrement les mêmes lieux. Ses membres aspirent à se retrouver périodiquement pour partager leurs créations artistiques ou gastronomiques, leurs découvertes scientifiques ou leurs projets d'affaires. Ils ont besoin de se sentir chez eux dans leurs capitales préférées (Venise, Paris, Londres, Montréal, New York, Los Angeles, Marrakech, Dubaï, Tokyo, Hong Kong, Singapour) même si ce n'est pour y séjourner que quelques jours ou quelques semaines par an.

Mais où loger ? Le membre d'une élite mondiale ne peut quand même pas dormir à la belle étoile.

On peut prédire un bel avenir aux chaînes d'hôtels de luxe comme les Peninsula, Four-Seasons, Mandarin Oriental. On peut leur préférer l'hébergement couleur locale des ryokan japonais, des Riad marocains, des auberges de charme latines ou des Bed-and-Breakfast anglo-saxons. Mais tout cela est à la longue fastidieux : transporter des bagages, déterminer le lieu optimal pour planter sa tente, négocier âprement le prix d'une chambre. On ne sent alors jamais vraiment chez soi loin de chez soi. Il faut périodiquement revenir à sa base principale, son porte-avion, son garde meuble, son cœur de patrimoine, ne serai-ce que pour faire une lessive (de son linge ou de son cœur). L'ubiquité nomade ne serait-elle qu'un mirage ?

Or voici qu'une approche nouvelle émerge sous nos yeux autour de la notion de « propriété partagée ».

La technique du streaming a fait considérablement évoluer les mœurs en matière musicale. Les amateurs de musique ont peu à peu abandonné leur habitude de télécharger des fichiers pour les stocker ensuite inutilement. Ils ont compris qu'en matière de musique, une seule chose comptait : l'écoute de la musique. Et pourvu que certains sites (comme Deezer.com) leurs en confèrent la jouissance illimitée, ils ne soucient plus guère de constituer des entrepôts à la maintenance fastidieuse.

La logique du Vélib, puis de l'Autolib déjà en usage aux US (Zipcar.com) introduit ces pratiques dans le monde matériel. Ne disposer d'un vélo ou d'une voiture que le temps du besoin est à la fois pratique, économique et agréable. Cette formule vous fait gagner un temps précieux en termes de maintenance, de gardiennage, de recherche d'une place de stationnement aux heures de pointe. Ici encore ce qui compte ce n'est pas la propriété individuelle, c'est l'utilisation, la jouissance, la qualité effective du temps passé. La pratique de la propriété partagée vous affranchit des pesanteurs habituelles.

On peut étendre aux domiciles cette pratique des véhicules et imaginer un concept nouveau, celui de « domilib ».

Un simple mot de passe ou la présentation de votre index à un lecteur et vous voici chez vous, tout de suite, partout, sans même avoir eu de bagages à transporter. Votre abonnement à un réseau ou à un site web vous permet de bénéficier, moyennement une honnête contribution (mensuelle ou annuelle) d'un réseau de lieux d'habitation tous équipés en literie, en matériel de cuisine, en électronique de pointe.

Les domilibs sont tous aménagés de façon similaire, un peu à la façon des chambres Novotel, afin que leurs occupants multisédentaires s'y sentent immédiatement à la maison.

Le domilib n'est pas distribué à l'ancienne en de multiples pièces comme la cuisine, la salle à manger, le salon ou le bureau, chacune dévolue à un usage particulier. Comme la population des mégalopoles ne cesse d'augmenter, le coût du mètre carré ne cesse de grimper. Le temps est venu de se montrer intelligent. Une même pièce, vaste lumineuse et insonorisée, peut servir à tous les usages. Il suffit pour cela de disposer de quelques meubles légers faciles à démonter et à ranger dans un vaste placard. Quelques matelas enroulés, une ou deux tables pliantes, des sièges et de nombreux coussins de soie peuvent suffire à rendre une pièce fonctionnelle, agréable et même luxueuse. Car le vrai luxe, c'est aujourd'hui l'espace. Mieux vaut donc une seule grande pièce modulable qu'un assortiment de petites. Les exceptions (car il en faut) ne sont vraiment justifiées que pour les pièces d'eau et les chambres d'invités ou d'enfants. Le besoin d'isolement constitue la seule vraie limite de ce système.

Un domilib n'étant pas utilisé tout le temps, il n'a pas besoin d'être chauffé, climatisé, musicalisé ou éclairé en permanence. Il gère donc son « ambiance » automatiquement en fonction du passage de ses occupants (les lumières et la musique s'éteignent une fois les voyageurs du soir évaporés). Histoire d'être à la mode, ils essaient de fabriquer une partie de l'énergie qu'ils consomment avec un cerf-volant équipé d'une hélice, de cellules photoélectriques étalées sur le toit ou un chauffe-eau solaire constitué d'un mince tuyau noir qui s'allonge derrière les fenêtres exposées au soleil, c'est-à-dire derrière toutes les fenêtres puisque l'ensemble constitue un segment d'un cylindre de verre centré autour d'un ascenseur. Ce système permet à votre domilib de chauffer comme une serre et de gagner je ne sais pas combien de négawatts (c'est-à-dire de watts économisés).

Votre patrimoine personnel d'information, qu'ils soit constitué d'archives personnelles, de dossiers professionnels, de disques, de tableaux, de photos ou de films n'a quant à lui aucune raison d'être localisé ou transporté. Concentré en une base de données, il peut être consulté de n'importe où depuis n'importe quel écran. Il suffit que vos domilibs soient tous équipés en standard d'un gigantesque écran mural ou d'un hologramme central et vous pouvez alors appeler immédiatement vos concerts favoris, vos spectacles préférés, vos souvenirs photographiés ou le dossier de vos chantiers professionnels en cours.

Rien n'est plus personnel qu'un vêtement, plus intime également. En outre la question des tailles pose un problème de taille, car si on équipait par exemple votre domilib de paires de chaussures, il y a bien peu de chances pour que celles-ci épousent parfaitement la forme de vos pieds. Pourtant le « vestilib » n'est pas qu'une utopie. Dans les capitales du monde, certaines sont bien chaudes l'été, d'autres bien froides l'hiver (comme Montréal ou Chicago. Brrr !). Équiper le dressing de votre domilib de pulls bien chauds ou de parkas locaux (ce qu'on appelle au Québec un Kanuk) peut vous faciliter grandement l'intégration climatique tout en allégeant vos bagages. Et puis on peut imaginer en bas du « batilib » (la tour où les domilibs sont empilés), une série de services en propriété partagée comme un lounge, un buffet, un spa, un business center et un vestiaire qui pourra mettre à votre disposition certains vêtements à votre taille et parfois même à votre goût.

Reste la question du sous-vêtement. Les objecteurs de décence ne manqueront ici de protester. Imagine-t-on mettre des petites culottes en propriété partagée ? Shocking ! Il ne vous restera que le choix entre le sous-vêtement jetable ou le transport dans une mini valise. Cette mini valise équipée de quelques slips devient alors l'unique survivance de l'antique « patrimoine immobilier », l'unique point de repère autour duquel tout le reste pivote. En elle se concentre votre seul « domicile fixe », n'en déplaise à l'administration fiscale.

triangleQu'en pensez-vous ?ajouter un commentaire
Rédigé par marie (miceu) carvalho 03 décembre 2010
Bonjour François! Je te reconnais là bien!
Je te comprends mais malgré tout je préfère le confort d'un bon hôtel et mes affaires personnelles! On reconnaît la petite bourgeoise portugaise, attachée aux valeurs conservatrices! Je sais! J'adore voyager et, j'en conviens, j'ai une préférence pour certains coins où j'adore revenir sans cesse: New York, Rio , (surtout Rio!) mais aussi chez moi: Porto, Lisbonne Coimbra....
Rédigé par Greco Latinus 05 septembre 2016
Je reconnais bien là l'IMAGINATION CRÉATRICE de mon ami François ! C'est aussi beau que du Bergson...
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