Échanges-Le blog de François Bocquet
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Interview de François Bocquet sur LCI par Michel Field
Interview de François Bocquet sur LCI par Michel Field - 17/20 du 15 mars 2011

La dynamique de la culture [publié le 25 juillet 2016]

Si la personne est souvent une réponse à la situation individuelle, la culture est souvent une réponse à la situation collective, ce qui inclut bien sûr l’Histoire mais surtout la Géographie et toutes ses filles : la Géographie physique, la Climatologie, la Démographie, l’Economie. Les peuples, comme les hommes, sont ce que leur situation physique veut qu’ils soient. Dans les deux cas la Réalité détermine des croyances qui génère  des valeurs. A l’échelle de l’individu, la situation personnelle (par exemple la misère) provoque des émotions (comme l’envie, la frustration et le sentiment d’injustice) qui engendre des opinions (comme le positionnement politique à gauche). A l’échelle collective, c’est la Géographie (par exemple la rudesse de l’Hiver dans les pays du Nord) qui fabrique la Culture (comme celle de la rigueur et de la prévoyance), laquelle alimente à son tour une Idéologie (« Il est inadmissible qu’un pays du Sud puisse faire défaut et ne pas payer ses dettes »).

Les croyances collectives comme les croyances individuelles obéissent avant tout à une logique de confort : elles justifient les attitudes imposées par le milieu. La singularité culturelle d’une communauté ne peut pas être échangée contre celle d’envahisseurs militaires, économiques ou culturels sauf si par chance celle-ci s’avère plus adaptée que la précédente. Ceci explique pourquoi l’american way of life a été adopté plus facilement par l’Europe des 30 glorieuses qui se reconstruit sur le modèle américain que par le Moyen Orient islamique dont la Géographie et la Sociologie n’ont rien à voir.

Les Etats Unis ont le culte de l’individu. Aucun autre pays, selon Hofstede (dans son ouvrage Culture consequences), n’est plus individualiste, plus épris des libertés individuelles, quel qu’en soit le prix à payer en termes d’inégalités. Nous sommes et nous restons au pays des cowboys où tout reste possible dans le respect de la liberté des autres, depuis la possession d’un arsenal d’armes à feu jusqu’à l’ouverture d’un magasin 24/7. Chacun est en revanche autonome est responsable de lui-même : si je n’assume pas ma formation, si je ne gère pas correctement ma santé ou si je ne gère pas correctement mon patrimoine, je dois en assumer toutes les conséquences. Ni l’Etat ni la famille ne viendront à mon secours. Liberté maximale. Sécurité minimale.

Cette culture de l’autonomie individuelle s’inspire sans doute d’une longue tradition judéo-chrétienne, mais elle a été surtout déterminée renforcée par la culture protestante de l’Europe du Nord Ouest qui lui a apporté, outre sa langue anglaise, le plus gros de ses flux migratoires. Cette culture protestante de l’Europe du Nord Ouest dispose d’une géographie particulière qui rappelle étrangement celle de l’Amérique du Nord Est, celle des pères fondateurs. On y trouve en effet de l’eau potable en abondance. Les pluies régulières, les rivières et les lacs y permettent facilement l’autosubsistance d’une exploitation familiale isolée. Le patrimoine génétique de la majorité des individus possède par ailleurs une caractéristique minoritaire à l’échelle planétaire : une tolérance étonnante au lactose qui peur permet d’élever du bétail et qui renforce encore leur autonomie potentielle. Une autre tolérance alimentaire, celle au gluten du blé va également dans le même sens, car le blé est bien plus facile à faire pousser que le riz qui exige de grandes exploitations agricoles. L’isolement clairsemé de la population dans des vallées ou des forêts renforce enfin l’obligation pour les individu ou le familles nucléaires d’assumer pleinement leur autonomie responsable. Alors bien sûr, même si la taille du marché américain exige quelques concessions en termes de standardisation des procédures et des produits, la culture reste centrée sur la liberté individuelle pour le meilleur et pour le pire.

A l’inverse la culture musulmane prend ses racines dans un désert où rien ne pousse mais où les déplacements et les échanges sont très faciles. C’est aux peuples arabes qu’il a appartenu de réorganiser le commerce international quand à la chute de l’Empire Romain fut rompu le pont entre l’Orient et l’Occident. Cette géographie du désert sillonné de nomades exigeait une culture dont Mahomet s’est fait le prophète : le sens de l’hospitalité, la soumission à l’ordre des choses (Islam veut dire « obéissance »), la capacité des hommes à jeûner périodiquement (comme les chameaux), le rejet des aliments à la conservation douteuse (comme le porc), l’exigence d’une fidélité conjugale absolue de la part des épouses pendant les longues absences et surtout le sens de la fraternité et le refus des complications hiérarchiques inutiles(dont sont friands en revanche les grandes communautés d’agriculteurs chinois ou catholiques). Ce refus de la hiérarchie conduit droit au monothéisme absolu qui assure la cohésion d’un territoire immense tout en bloquant la place d’individu suprême (contrairement à ce qu’autorise le Catholicisme qui est sans doute un polythéisme déguisé). Ici encore il y a continuité logique entre l’écosystème, l’organisation de la société et le système de valeurs. Si le monde musulman pratique l’esprit d’obéissance ce n’est pas un hasard. Le caprice individuel n’a pas sa place dans un désert mondialisé.

Quand les Etats Unis envahissent l’Irak ou l’Afghanistan pour contrôler l’Iran, mettre la main sur le pétrole de l’Orient et s’installer pour des raisons géopolitiques dans le ventre mou de l’Asie, ils ne peuvent donc que faire une croisade de plus, sans lendemain. Ils ne peuvent pas y importer durablement les droits de l’homme, la démocratie et l’économie de marché qui ne sont que les expressions d’une valeur fondamentale : celle de l’individu libre.  De la même façon, le contrecoup de cette tentative avortée de croisade, les attentats perpétrés par le Moyen Orient en Occident, ne pourront jamais défaire ce que veut l’écosystème : une culture de l’autonomie responsable dans les vallées fertiles.

La singularité culturelle a la dent dure. Le monde de demain, pas plus que celui d’hier, ne peut l’ignorer durablement.

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