Échanges-Le blog de François Bocquet
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Biographie
 
L'angoisse de l'escargot privé de sa coquille
L ingénierie du vivant
Le village absorbé par la ville
Petite annonce
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La certitude de l'incertitude
La fin des hiérarchies
Les technologies de la singularité
Le marché de la sieste
Le temps de la singularité
Trois axes pour créer de la valeur ajoutée
Définition du mot « travail ».
L'école en Finlande
L economie de la relation
La mégamétamorphose
La dissolution de l'Etat
Le buffet
Ma maison, c'est chez vous.
Des tulipes sur le toit : notre salut ?
Quand l'Emploi cède la place à deS activitéS
La dynamique de la culture
L'accueil fait au "caractère" à travers le monde
La fin des hiérarchies
Adieu Verdun
Le silence, produit de luxe par excellence
La Culture, c'est l'exclusion des autres
Un paradigme sans avenir
La saisonnalité volontaire
La cité hôtelière du futur
Obésité : une épidémie sans avenir
Oser (re)devenir l'acteur de Soi
Le post-individualisme
Le marché de la frugalité
Ou
La vie privée, nouveau luxe
La fin du billet vert
Le malaise des intermédiaires
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L'insouciance n'est plus au programme
Apprendre à dire "No"
La fin du travail
Votre position sur l'échiquier
Une école au service des élèves
Du vêtement et de la permanence universelle du mouvement
Des régulations ou dérégulations internationales ?
Est-il encore possible d'être heureux en France aujourd'hui ?
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Un paradigme sans avenir
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La fin des sociétés
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 L'art de perdre son temps et d'en faire perdre aux autres
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  L'art de se faire
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 Retourner à l’authenticité authentiquement artificielle.
 
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  L’art de démotiver ses collaborateurs
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Institut François Bocquet

Interview de François Bocquet sur LCI par Michel Field
Interview de François Bocquet sur LCI par Michel Field - 17/20 du 15 mars 2011

L intelligence globale [publié le 13 septembre 2015]

La singularité peut en effet être collaborative. La multiplicité des acteurs provoque la multiplicité des liens et des échanges. La singularité exige énormément de connexions, que ce soit par la technologie des mobiles, la dépendance économique ou les comportements de curiosité, de sociabilité et donc de tolérance. Quand toute ma vie devient visible à tous sur Facebook ou sur YouTube je serais mal inspiré de distribuer des bons et des mauvais points à l’emporte pièce. Plus la différenciation humaine s’installe, plus le conformisme, les solutions toutes faites, les grands principes et la pensée unique deviennent des handicaps. La singularité universelle implique la connectivité universelle et fluide. Cette connectivité implique elle même la collaborativité : une facilité, une aptitude, un goût pour le travail en équipe très éloigné parfois des m½urs de nos campagnes.
 
Dans ce monde, qui ressemble de plus en plus à un cerveau, la réussite économique d’un acteur réside dans sa double capacité, un peu paradoxale, à savoir se relier aux autres tout en s’en singularisant. La singularité s’impose à chaque individu dès sa naissance par le séquençage de l’ADN qui le fiche de manière unique. Il doit ensuite pratiquer assidument la singularisation s’il souhaite trouver sa place dans la société. Le voici amené à différencier son e-CV par des effets spéciaux dignes d’Hollywood et à faire la promotion de son profil sur sa chaîne individuelle YouTube. Les entreprises de leur côté doivent sans cesse innover pour se singulariser davantage et afficher un « avantage concurrentiel » visible qui les fasse sortir du lot des autres entreprises. Leur rêve est de parvenir à un « Océan Bleu », ce terme marketing qui désigne un marché aussi vierge que le Pacifique quand Magellan le découvrit. La veille technologique à l’affût des tendances émergentes devient aussi vitale aux entreprises qu’aux individus, l’état de mise en veille à l’affût de rencontres intéressantes. La survie économique des acteurs, individuels ou collectifs dépend de leur capacité à se différencier toujours en se reliant davantage, exactement comme des neurones au centre d’un cerveau.
 
Il en résulte une explosion de la complexité. Le nombre de data stockées double ou presque chaque année. La vitesse de traitement de l’information continue à doubler tous les dix huit mois. Les jeunes enfants refusent de dormir et d’abandonner leurs écrans. Les ados échangent en moyenne une centaine de sms par jour. Même les grands-mères sont désormais équipées d’un iPad qui leur permet de veiller sur le monde. Tout se passe comme si au delà d’un certain seuil de densité, d’un certain point de singularité, les cerveaux individuels fusionnaient au sein d’un cerveau planétaire et d’une intelligence globale. C’est en ce sens que notre propre définition de la singularité se confond avec celle étudiée, outre Atlantique, dans les singularity universities. Au cours du 21ème siècle devrait arriver un moment où l’intelligence collective sera devenue si dense qu’elle pourra s’affranchir des intelligences individuelles qui la constituent ou tout au moins les dédaigner ou tout au moins vouloir les écarter si elles deviennent dangereuses pour elle-même. On rejoint là un thème classique de la Science Fiction (comme dans 2001 Odyssée de l’Espace ou la série Terminator avec Schwarzie) où les êtres humains que nous sommes n’ont d’autres solutions que de se transformer en rebelles ou en terroristes.
 
Il en résultera sans doute des vogues et des vagues de simplification volontaire. Dans un monde devenu incompréhensible, le retour au petit village gaulois se pose comme un idéal nostalgique. Alors on recrée des villages, on recrée des frontières, mêmes artificielles, même contre-productives. Et tant pis pour la mondialisation ! On verra fleurir des centres de désintoxication numérique, des monastères bouddhistes ou cisterciens, des bibliothèques minimalistes dédiées à la concentration, des oasis d’oubli, des cures de vides. On entendra des prophètes faire l’éloge de la simplicité, de la légèreté, du détachement, de l’insouciance. Pour les consommateurs comme pour les producteurs la valeur ajoutée réside désormais dans la valeur soustraite, dans la capacité des entreprises à simplifier l’acte d’achat mais également la vie de leurs clients. On s’attendait à une économie du toujours plus, c’est l’économie du toujours moins qui se profile derrière la mode du bio comme celle du commerce de proximité. On s’attendait il y a vingt ans au développement d’une économie du savoir et de l’information. Aujourd’hui le savoir et l’information ne valent plus rien. Tout est sur Wikipédia. Ce qui est en train d’émerger sous nos yeux, c’est une économie de la relation. Et par relation on entend relation de proximité personnelle, intime et chaleureuse. Tout se passe comme si du culte de la connaissance on basculait à l’appétence pour la reconnaissance. Cela suppose des aptitudes, comme la capacité à se dénicher des alliés, mériter leur fidélité ou développer des relations de confidence. La contradiction et la régression ne sont donc qu’apparentes. Même la mode de la simplicité retrouvée conduit au lien personnel direct plutôt qu’à la perpétuation des mouvements sociologiques de masse.

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