Échanges-Le blog de François Bocquet
Photo de François Bocquet
Biographie
 

Actualités

Le mardi 6 mars de 18:00 à 19:30
10, rue Saint Nicolas - Paris
Mercredi 4 avril de 8:00 à 10:00
10, rue Saint Nicolas - Paris
 
 
Oser les relations durables
La multimodalité objective
La saisonnalité volontaire
La relocalisation conviviale
La décapitalisation optimale
 
Vidéo Une histoire de pêche
 
Autre billet
Oser le bien-être en entreprise
Qui êtes-vous (vraiment) ?
Oser (re)devenir l'acteur de Soi
Un paradigme sans avenir
La non-conventionnelle attitude
La certitude de l'incertitude
La Culture, c'est l'exclusion des autres
Le mythe du progrès continu
Apprendre à dire "No"
O Solitude
Tourisme et vacance(s)
La fin des secrets
La fin des hiérarchies
Le post-individualisme
La fin du travail
Ou
Petite annonce
Le marché de la simplicité
De la croissance gratuite
Le marché de la relation personnelle
Où suis-je ?
Un paradigme sans avenir
La fin de l'immobilisme
Adieu Verdun
Ordinhumain ou Huminateur ?
Les temps nouveaux détestent les cloisons
Votre position sur l'échiquier
La vie de famille ou la physique des particules
Le modèle exemplaire de la pseudo-démocratie
La cité hôtelière du futur
L’angoisse de l’escargot privé de sa coquille
Le silence, produit de luxe par excellence
Du vêtement et de la permanence universelle du mouvement
L'art de vider ses poubelles
L'insouciance n'est plus au programme
La dissolution de l'Etat
Invitations pour le salon du livre
Un enfant, seulement, si je le veux bien
C'est la Crise
Le téléphone n'est vraiment plus ce qu'il était !
Obésité : une épidémie sans avenir
Trois axes pour créer de la valeur ajoutée
On ne vieillit plus, on se transforme...
Des tulipes sur le toit : notre salut ?
Le village absorbé par la ville
Encore un morceau de steack, vraiment ?
Des régulations ou dérégulations internationales ?
Votre position sur l'échiquier
La vie privée, nouveau luxe
Quand l'Emploi cède la place à deS activitéS
La faim des horaires
La fin des capitales
Une école au service des élèves
Ma maison, c'est chez vous.
L'eau moins courante
La fin du billet vert
L'avenir du livre et de ses métiers
La valse du gratuit et du payant
Les embouteillage du Futur
L'accueil fait au "caractère" à travers le monde
Le marché de la frugalité
La fin des secrets
Est-il encore possible d'être heureux en France aujourd'hui ?
Le post-individualisme
La fin des hiérarchies
Vers la fin de l'emploi salarié ?
Un après-demain français
Ou
La fin du travail
Petite annonce
Le marché de la simplicité
Le marché de la sieste
De la croissance gratuite
Payer ses achats d'un baiser
La mégamétamorphose
Le marché de la relation
Solitude
L'entreprise en métamorphose
Bibliothèques
C'est la crise !
Insouciance
La fin des pyramides
Derniers commentaires
> Homo Nyme [14/12/2011]
> GRECO LATINUS [05/12/2011]
> GRECO LATINUS [14/10/2011]
> sylvie GUYON [02/01/2011]
> marie (miceu) carvalho [03/12/2010]
> Eric Tourgeot [18/11/2010]
> Brand Wagenaar [15/11/2010]
> Nicolas MARTINON [10/11/2010]
> GRECO LATINUS [18/10/2010]
> Fabien Dabert [04/03/2010]
Les Editions Performances
 
 Decouvrez la face cachée de votre personnalitéDictionnaire des mots en voie de disparition

Ce « dictionnaire » explore toutes les pistes de la métamorphose économique, écologique... et idéologique que nous sommes en train de vivre en direct.
 
  >> En savoir plus  
 
  Decouvrez la face cachée de votre personnalitéDécouvrez la face cachée de votre personnalité
 Un catalogue, non exhaustif, des façons de devenir soi-même et d'évoluer sans cesse tout en restant fidèle à ce que l'on est.
 
  >> En savoir plus  
        
 L'art de perdre son temps et d'en faire perdre aux autresL'art de perdre son temps et d'en faire perdre aux autres
  Comment gérer le temps éparpillé… du temps présent.
  >> En savoir plus  
        
  L'art de se faire des ennemis et de saborder ses relations de coupleL'art de se faire
des ennemis et de saboter ses relations de couple
 Retourner à l’authenticité authentiquement artificielle.
 
  >> En savoir plus  
         
  L'art de démotiver ses collaborateurs et de saborder son entrepriseL’art de démotiver ses collaborateurs
et de saborder son entreprise

 Une boussole pour les dirigeants… déboussolés par la perte de leur joie de vivre ou du sens de leur fonction
 
  >> En savoir plus  


Institut François Bocquet

Interview de François Bocquet sur LCI par Michel Field
Interview de François Bocquet sur LCI par Michel Field - 17/20 du 15 mars 2011

Insouciance [publié le 20 octobre 2009]

Quand vous étiez enfant, le merveilleux était encore possible. En Hiver il y avait encore de la neige qui tombait. Assis au coin du feu, le soir du réveillon, vous vous entendiez raconter des histoires de Père Noël et de rennes volants. On évoquait le Futur comme un monde fabuleux où les transports seraient encore plus rapides, les voyages encore plus nombreux, les résidences encore plus spacieuses, l'énergie encore meilleur marché. C'était le temps où le baril de pétrole coûtait moins cher que celui d'eau minérale, où l'on pouvait prendre la voiture aussi souvent que l'on voulait, où les domiciles surchauffaient, où l'on n'hésitait pas à tirer la chasse d'eau, même pour un petit pipi.

Aujourd'hui, de quoi parle-t'on aux enfants dans les écoles primaires : Auschwitz, Hiroshima, la grippe H1N1, un milliard d'affamés, le changement climatique, la disparition des hydrocarbures, la fin du monde, l'absence d'espoir. On peut se consoler en se disant que le Moyen Age n'était pas mieux et que tout âge a connu ses Cassandres, ses oiseaux de mauvais augure, ses prophètes misanthropes à moitié sourds travaillant dans le cadre de je ne sais quel institut. On peut se rassurer en se disant que nos scientifiques ne tarderont pas à découvrir des énergies de substitution.

Des énergies de substitution aux hydrocarbures, il n'y en a à vrai dire pas beaucoup. La fine fleur de la Chevalerie scientifique ne cherche pas autre chose, en vain, depuis près de quarante ans (1973 : premier choc pétrolier). Et, avec le dépassement du "Pic de Hubert", les réserves de Pétrole sont déjà à moitié épuisées : il n'y en a plus que pour quarante ans à peine. Le gaz, puis l'uranium et le charbon atteindront leurs limites quelques décennies plus tard. Si l'on considère l'horizon à un siècle et non pas à dix ans, il n'y a en vue, aucune solution pour continuer à mener bien longtemps le train de vie énergétique dont nous bénéficions aujourd'hui. Il a fallu 100 millions d'années pour concentrer en hydrocarbures le soleil reçu par toute la biosphère : plantes, planctons et animaux, dinosaures compris. En 200 ans environ, nous en avons dépensé environ la moitié. Au rythme actuel de consommation, les caisses seront vides aux alentours de 2050.

Ce qui aggrave encore considérablement les choses, c'est le paramètre démographique. Au commencement de l'exploitation des hydrocarbures, soit aux environs de 1800 quand Bonaparte endosse l'habit de premier consul, la population du monde flirte avec le milliard. Deux siècle plus tard, nous en sommes à 7 milliards alors que dans les deux mille ans précédents, la population n'a que doublé. Comment cela est-il possible ? La solution est donnée par l'impact de l'énergie sur la productivité qui impacte l'économie, qui impacte la démographie. Quand les ressources en énergie explosent, la population explose.

Ces 7 milliards d'habitants partagent tous un rêve merveilleux : avoir la main sur autant d'hydrocarbures que vous, l'Occidental, pour pouvoir à leur tour disposer d'une automobile privée (et pourquoi pas d'un Monospace pour Madame ?), pour pouvoir bien chauffer leur maison en hiver et passer de merveilleux réveillons de Noël à se raconter de belles histoires et à déballer des dizaines de cadeaux de plastiques, c'est-à-dire de pétrole, transportés depuis le Chine au moyen du pétrole. Ce rêve est-il réalisable ?

En fait, tout est inclus dans une formule fort simple et fort facile à retenir : (D * R) / E = constante, où D figure la démographie (en nombre d'habitants), R, le revenu par habitant et E, l'énergie disponible à la consommation. Actuellement l'Européen moyen dispose de l'équivalent énergétique de 50 esclaves à son service personnel si l'on convertit l'énergie musculaire que peut donner un homme en TEP (Tonne Equivalent Pétrole). Ces 50 esclaves (100 aux Etats Unis) sont en charge de vous véhiculer ou bon vous semble dans votre carrosse, d'aller pour vous au bout du monde chercher ce bœuf d'Argentine ou ces fruits exotiques dont vous raffolez comme l'Ananas Victoria ou la Maracuja d'Amazonie, de faire tourner la nuit votre lave-vaisselle ou votre sèche linge et même de vous préparer de temps en temps un petit Nespresso.

Si l'Energie globale diminue, il n'y a que deux solutions : soit réduire de façon drastique la démographie (D) par des famines, des guerres, de l'infanticide ou de l'extermination en masse, soit réduire de façon massive votre niveau de vie (R), c'est-à-dire le nombre d'"esclaves fossiles" mis à votre disposition. Dans les deux cas : reflux démographique vers les 1 milliard d'habitants de 1800 ou reflux économique vers le niveau de vie des paysans de 1789, il y a des soucis à se faire.

On peut donc supposer que le terme d'"insouciance" va disparaitre progressivement de votre vocabulaire. A moins bien sûr que ce ne soit pour la dénoncer.

La disparition de l'inconséquence sera-t'elle l'un des corollaires de la raréfaction de l'insouciance ? Avec l'effondrement des ressources énergétiques, le droit à l'erreur risque lui aussi de décliner. On cherchera à couper les causes de leurs effets secondaires. On déconnectera la sexualité de ses conséquences en termes de procréation. On réduira la pollution et l'accumulation des déchets en rendant toute production autodégradable. On deviendra très prudent en matière de clonage, de manipulation génétique transmissible par l'hérédité, de destruction des espèces vivantes (la moitié environ des espèces vivantes ont déjà disparu depuis 1800), de pollution irrémédiable façon Tchernobyl.

L'individualisme irresponsable des années 1968 (juste avant le premier choc pétrolier de 1973) ne risque-t'il pas, lui aussi, de passer de mode ? L'individualisme est possible quand le rapport triangulaire (D * R) / E est favorable, comme sous la Renaissance italienne, dans la Hollande du 17ème siècle, la France du Second Empire ou les Etats Unis de Kennedy. Quand le rapport triangulaire devient défavorable, l'individualisme devient dangereux et trop coûteux en énergie. Un caprice, ça coûte cher.

Il y a donc à parier que l'Hédonisme individualiste, inconséquent, insouciant de vos parents ou grands-parents soixante-huitards ne soit plus tellement à la mode d'ici quelques années. Après votre réveillon flamboyant, une fois que les amis de votre âge s'en furent allés, vos enfants vont devoir se remonter les manches, jeter les emballages déchiquetés, débarrasser la table, remplir le lave-vaisselle (ou, faute de courant, laver les assiettes à la main), passer l'aspirateur (ou, faute de courant, ramasser, une par une les innombrables épines du pauvre sapin surchauffé) pour vous permettre de revivre une fois encore l'émotion du merveilleux de votre enfance.

triangleQu\'en pensez-vous ?ajouter un commentaire
Ajouter votre commentaire



captcha

Changer le code anti-spam
* Tous les champs sont obligatoires.