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Institut François Bocquet

Interview de François Bocquet sur LCI par Michel Field
Interview de François Bocquet sur LCI par Michel Field - 17/20 du 15 mars 2011

Quand l'Emploi cède la place à deS activitéS [publié le 27 décembre 2010]

L'économie de marché n'a pas besoin que tout le monde travaille. Il lui suffit que tout le monde consomme. Par ailleurs il est tout à fait illusoire d'imaginer que tout le monde puisse travailler à temps complet lorsque la productivité mondiale continue à progresser de 5% par an alors que la consommation est immobilisée par les limites naturelles de la géographie ou de la démographie.

Le mythe du plein emploi correspond donc à des parenthèses d'une trentaine d'années de « rattrapage » économique dans un pays donné (par exemple en France, de 1945 à 1975, au Japon, de 1960 à 1990, en Chine, de 1990 à 2020 ?).

Pour que chacun puisse continuer à manger, à s'abriter ou à se former, deux solutions au moins se proposent :

-        Tous les adultes travaillent périodiquement plutôt qu'à temps complet et pour plusieurs clients plutôt que pour un employeur permanent.

-        Les revenus issus du travail professionnel rémunéré par une entreprise marchande sont complétés par d'autres revenus payés par la communauté (par exemple la commune) qui récompense les services non marchands comme celui de la personne âgée bénévole qui s'occupe des jeunes enfants, de l'adulte qui reste à la maison pour la faire fonctionner, de l'étudiant qui se forme aux nouvelles technologies. Ces travaux d'apprentissage ou de relations peuvent être subventionnés par des associations locales ou des jurys élus dans le cadre du village ou du quartier.

Ce système, plein de défauts, offrirait l'avantage d'une quatrième solution qui ne serait ni (1) le mythe du plein emploi pour tous, ni (2) celui du paradis terrestre où l'on peut se contenter de croquer des pommes et de conter fleurette toute la journée, ni (3) celui de l'enfer bureaucratique, normatif et centralisateur.

Depuis dix mille ans, l'immense majorité des hommes a survécu ou survivent encore sans contrat de travail.

Il est vrai que la plupart sont dans une grande précarité.

Et si la précarité faisait à nouveau partie des règles du jeu (comme elle l'a presque toujours été presque partout dans le monde)

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