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Institut François Bocquet

Interview de François Bocquet sur LCI par Michel Field
Interview de François Bocquet sur LCI par Michel Field - 17/20 du 15 mars 2011

Trois axes pour créer de la valeur ajoutée [publié le 14 février 2011]

Convergence

Avec la disparition des frontières artificielles fleurit le marché des associations inattendues. Des cafés offriront des projections de cinéma, les universités proposeront des services de relaxation, les transports aériens donneront accès à des programmes de formation professionnelle en langues afin de rentabiliser utilement le temps de vol. D'une façon générale, il sera aisé de créer de la valeur ajoutée en faisant jouer la convergence. La fusion sera la grande mode : les restaurants fusion mélangeront les saveurs asiatiques et bretonnes ; la musique fusion assortira le jazz manouche et les danses norvégiennes folkloriques ; le cinéma fusion proposera des mélanges inédits de western et de science-fiction ; on pourra combiner, au sein d'un cursus fusion, des études médicales et une école de commerce.

Simplification

Avec la complexification du monde fleurira également le marché de la simplification. On pourra apprendre la médecine simplement, dans le genre « La médecine pour les nuls » ou en regardant des dessins animés de formation de 45 minutes dans le métro. Il sera possible de recevoir chaque matin sur son mobile un résumé en 10 minutes, intelligible et personnalisé de l'actualité de sa branche professionnelle. Plus l'hyperchoix est grand, plus le besoin de filtre est nécessaire. Plus la complexité grandit, plus le besoin se fait sentir de programmes de simplification (ou de la simplixication, pour les amateurs de synthèses croustillantes, de mots alambiqués, de synthèses simplexes).

Personnalisation

Avec la standardisation des procédures et des produits, avec l'uniformisation du monde qu'impose la mondialisation, tout ce qui est personnalisé prend de la valeur et donc de la valeur économique. Il n'est pas impossible par exemple que le métier des écrivains de demain ne soit plus de s'exprimer à travers un poème, un roman, un essai, mais de rédiger la biographie personnelle d'un de leurs clients, exactement comme les peintres d'autrefois étaient payés fort cher pour tirer le portrait d'un cardinal, d'un grand seigneur, d'un opulent bourgeois. Il n'est pas impossible que les formateurs de demain se préoccupent surtout non de parler mais d'écouter. Car en matière de relations humaines, la véritable monnaie d'échange n'est pas la parole mais l'écoute. Surtout en France, terre de grands bavards. Surtout de nos jours où tout le monde veut s'exprimer et où plus personne ne prend le temps d'écouter personne. Il n'est pas impossible que les restaurateurs ne se mettent à mitonner des petits plats sur mesure intégrant à la fois les goûts particuliers de leur client et ses contraintes diététiques. Il n'est pas impossible que le marché du sur-mesure ne terrasse celui du prêt-à-porter.

Partout la valeur ajoutée se développe dans les niches où l'on peut se soustraire au mouvement général.

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