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Institut François Bocquet

Interview de François Bocquet sur LCI par Michel Field
Interview de François Bocquet sur LCI par Michel Field - 17/20 du 15 mars 2011

Les temps nouveaux détestent les cloisons [publié le 30 mai 2011]

Autrefois, les spectacles, comme les livres, étaient tous obligés de souscrire à un genre prédéterminé. Il fallait qu'un ouvrage fût positionné clairement comme un roman, un essai, une biographie, un long poème, et destiné clairement à un club d'universitaires ou de professionnels clairement identifiés. L'époque aimait les genres, les cibles et les cœurs de clientèle auxquels il fallait servir chaud un produit adéquat, avec un nombre de pages prévisible, conforme à la politique éditoriale de la maison. La logique de la cloison était partout : dans les livres, les bureaux, les maisons, les études, les cerveaux, les spectacles.

Adepte des lofts et des bureaux panoramiques, les temps nouveaux détestent les cloisons. On peut dorénavant associer plusieurs spécialités dans ses études comme dans son cœur de métier - par exemple la médecine ET l'économie, la vanille ET la pistache - et faire jaillir de la valeur ajoutée de ces associations étonnantes : dans les capitales, les cafés-librairies côtoient déjà les restaurants-expositions de peinture.

Il n'y a cependant pas mieux que le terrain du spectacle pour expérimenter les synergies et les alliages inattendus. Déjà certains spectacles assortissent le théâtre avec la danse, la musique, les clowns et les marionnettes pour la plus grande joie des enfants. Déjà des expositions de peinture ne se contentent plus d'exposer de la peinture : ils accueillent également des sculptures, des films d'animation, des expériences gastronomiques... et des figures de danse.

Ces spectacles hybrides peuvent être retransmis dans plusieurs lieux simultanément : les concerts du Philarmonic Orchestra de New York sont déjà accessibles en direct depuis la Géode à Paris. Ils peuvent également être podcastés au lendemain de leur exécution. L'ubiquité atemporelle est déjà une réalité.

Dans un monde devenu désespérément multi, le spectacle traditionnel mono-genre-mono-cible-mono-lieu-mono-horaire séduit surtout aujourd'hui les inconditionnels du « bon vieux temps »... si singulier.

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