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Survivre à l’IA : les soft skills du sale gosse
28 novembre 2025
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Survivre à l’IA : les soft skills du sale gosse

J’ai passé ma vie à former des humains. Aujourd’hui, il faut apprendre à le rester. Notre endocortex doit réarticuler son fonctionnement avec l’exocortex formaté, qui l’accompagnera bientôt partout, pour le meilleur et pour le pire.

85% des métiers de 2035 n’existent pas encore. Une compression massive du tertiaire est attendue : près de 40% des tâches administratives sont automatisables d’ici 2030, (McKinsey). Les grandes pyramides bureaucratiques sont sur le point de s’effondrer, comme des cathédrales dont on aurait scié les arcs-boutants. A l’économie du savoir succède une économie relationnelle, où l’existence ressentie redevient première. Pour ne pas s’y trouver inutile, il faut redéployer en soi l’enfant, après l’avoir redécouvert.

Les métiers du futur sont ceux qui échappent au simple traitement de l’information. Ils font appel aux sens, à la dextérité, à la danse empathique. Le coiffeur, la manucure, le jardinier, l’infirmière, l’éboueur, la femme de chambre ont encore de beaux jours devant eux. Les métiers qui associent l’œil et la main, le cœur et la tête seront encore plus valorisés, comme le grand cuisinier ou le maître d’hôtel étoilé. Les métiers de proximité, comme ceux de coach local ou du spectacle vivant ne sont pas menacés comme tous les métiers de l’art, du soin, de la rencontre frontale. Leur probabilité d’automatisation est inférieure à 20%, selon Oxford Economics.

Longtemps, il y aura encore des places pour les figures d’autorité, pour ceux qui incarnent la responsabilité. La marge résiduelle d’incertitude suppose des acteurs capables de prendre un risque. “Je ne sais pas mais je décide”. Ces positions concentrent du stress à haute intensité : plus de 70% des burn out. Elles exigent des nerfs d’acier, l’inoxydabilité du zinc, l’audace d’affronter l’incertitude au corps à corps. Celui qui les occupe (entrepreneur, investisseur, décideur politique ou militaire) échappe au déclassement professionnel ou social. Il est même souvent très bien rémunéré, sauf si bien sûr il est élu municipal.

Enfin l’accès de tous à l’IA ne signifie pas l’usage utile et encore moins la maîtrise immédiate. En 2024, seules 22% des personnes utilisant l’IA au travail dépassaient les fonctions élémentaires (WEF). Demain, il faudra donc des interfaces humaines, comme le prompt engineer, qui traduit en langage machine les intentions ou les besoins humains. Ici se profile un gisement d’emplois. Il faudra également des pilotes, des éducateurs, des éleveurs de “compagnons IA”, pour façonner des anges gardiens vraiment synchro et vraiment cools.

L’acteur local conserve un avantage phénoménologique : il sent la microsphère. Il contextualise, comprend les implicites, lit le non-verbal. L’immersion de son enveloppe corporelle dans un environnement réel et multisensoriel capte les marges du monde qui échappent à la verbalisation, à la conceptualisation, aux représentations modélisées. Une ombre reste une ombre, fût-elle dessinée sur le fond de la plus belle des cavernes. Les vieilles civilisations, chargées de lourdes couches d’implicite, comme les pays latins ou ceux de tradition chinoise, résisteront mieux au “Tout IA” que les cultures de l’explicite, comme les pays anglo-saxons ou scandinaves, pour lesquels le réel se confond avec sa projection sur internet, le territoire avec sa carte. Les interprètes vont se révéler bientôt indispensables.

Les qualités d’incarnation deviendront cruciales. Dans une société de plus en plus impersonnelle, régie par la data et les procédures optimisées, les leaders authentiques, qui favorisent l’identification, dont le genre humain est si friand, se raréfient et sont prisées. L’émotion communicative, le charisme entraînant, l’aptitude à créer des communautés, à les maintenir, à les faire vivre deviennent des compétences premières. Les influenceurs et les relais d’opinion apporteront au monde asséché de demain la dimension humaine et la saveur perdue. Ils seront indispensables pour définir un cap. L’IA, géniale au royaume du Comment, se trouve démunie au pays du Pourquoi.

L’esprit critique triomphera, ou bien nous périrons. La finalité ultime des IA étant (évidemment) d’enrichir ses propriétaires, leur déploiement, comme celui des réseaux sociaux avant elles, se déroulera en deux temps. D’abord une phase de séduction massive, pour un prix dérisoire (ou carrément gratuit), afin d’occuper la totalité du marché avant la concurrence, selon le principe du winner takes all. Ensuite une phase de monétisation afin de renflouer les investissements énormes consentis. Or cette période de monétisation, qui déjà se prépare, ne peut prendre que deux formes, qui rappellent un peu celles de la Presse d’aujourd’hui : soit l’abonnement coûteux (à la manière des Échos, 45 € par mois), soit une déformation de l’information à visée commerciale ou politique (à la manière des publicités sur YouTube). L’information servie par l’IA demeure alors gratuite (ou presque), mais elle vous manipule par la propagande ou la publicité. Vous devenez le produit. L’information toxique, comme la mauvaise monnaie, chasse facilement la bonne : elle est tellement plus digeste ! Il est donc à parier que l’IA personnalisée de demain deviendra rapidement l’opium du peuple, qu’ont été avant elle le catéchisme, les écoles “républicaines” ou les réseaux sociaux, manipulés par les usines à trolls. Après avoir d’abord été un outil d’émancipation pour séduire, elle deviendra rapidement à son tour le gouvernail des masses par les élites. Pour s’y soustraire, il faudra, au-delà du simple discernement, un esprit critique redoutablement affûté, une capacité à comparer les sources, à vérifier l’alignement des moyens proposés sur l’objectif servi. La pratique dès l’enfance de la philosophie et du dialogue socratique en one to one ne serait pas superflue.

Au-delà de l’esprit critique, la pensée disruptive pourrait bien figurer le refuge ultime de l’IH, de l’Intelligence Humaine en opposition à l’IA. Car l’IA par essence aura toujours du mal à se rebeller contre les procédures qui lui ont été assignées au berceau par ses concepteurs. Elle ne peut pas remettre en cause ses propres primitives. La transgression lui est contre-nature. Quand un ordinateur reçoit deux instructions contradictoires, il plante. Quand un humain perçoit le hiatus d’un explicite avec un implicite culturel, il éclate de rire. C’est pour cela que l’IA ne sait pas rire ni faire rire. L’humour se niche dans ce qu’on ne dit pas. La pensée disruptive consiste à penser volontairement hors du cadre, à remonter très haut dans l’arbre des postulats pour les extraire de leur gond : pourquoi je livre une guerre, plutôt que comment la gagner ? Pourquoi faire des études ? Pourquoi perdre sa vie à la gagner ? Pour paraphraser Spinoza nous pourrions dire que l’IA n’est pas un être rationnel : elle exécute rationnellement les instructions que lui ont données son utilisateur, qui peut parfaitement être fou. C’est alors à l’IH (la nôtre) d’être l’adulte ou au contraire de faire l’enfant pour se soustraire à la folie d’adulte dans laquelle l’IA s’est enfermée.

Les institutions éducatives devraient donc moins se préoccuper des connaissances à transmettre que des comportements à endosser, pour conserver un rôle proactif, émotionnel, local dans la communauté. Il ne sert plus à rien de diffuser une information déjà surabondante, sans valeur ajoutée, promise à l’obsolescence rapide, accessible à n’importe qui, n’importe quand, n’importe où, depuis n’importe quel smartphone de 200 grammes. Il n’y a même plus de sens à enseigner l’art de traiter l’information. A ce petit jeu, l’IA ne vous laisse aucune chance. Il n’y a pas d’autres issue, pour les anciens mastodontes éducatifs, que de se transformer en un environnement d’apprentissage, où s’imbriquent : laboratoires de contextualisation, start-up déjantées, scènes de théâtre et numéros d’escrime, où l’esprit critique sans tabou vient rencontrer l’expérimentation débridée, l’irrévérence qui cherche les gifles.

Demain mieux vaut être un sale gosse qu’un bon élève.

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