Échanges-Le blog de François Bocquet
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Interview de François Bocquet sur LCI par Michel Field
Interview de François Bocquet sur LCI par Michel Field - 17/20 du 15 mars 2011

L'angoisse de l'escargot privé de sa coquille [publié le 19 décembre 2016]

En France tout est temple : le cabinet du médecin, le tribunal, le commissariat de police, la salle de classe, le bureau du directeur et même la fromagerie du quartier. Tout est chargé de symboles destinés à renforcer le statut ou le prestige du prêtre qui officie dans le temple : le « maître »fromager, monsieur le directeur, votre médecin traitant ou le « maître » d'école. Partout on trouve un ordre (comme l'ordre des avocats ou l'ordre des médecins), partout on trouve une règle (une règle d'orthographe, une loi issue d'un Code), partout on trouve une hiérarchie avec des privilèges et des maître-quelque-chose en haut, des barbares en bas.
Or, quand on y réfléchit, c'est le prêtre qui fait le temple. Et cette culture du temple, caractéristique des sociétés méditerranéennes (ou japonaise), ne peut fonctionner que dans une ordonnance verticale de la société. Cette architecture hiérarchique suppose également une spécialisation poussée de chacun de ses membres, une réduction de leur champ de compétence et donc de responsabilité, une relative indifférence à la notion de service-client. Ce qu'on demande au petit Français à l'école, ce n'est pas d'être aimable ni d'être débrouillard, c'est d'exécuter parfaitement la tâche précise qui lui est assignée au sein de la vaste ruche, c'est d'être (et de rester) un technicien hautement spécialisé et parfaitement fiable.
Quatre réalités culturelles s'épaulent et s'induisent donc mutuellement :
1/ la hiérarchie ;
2/ la spécialisation ;
3/ la déresponsabilisation, qu'on peut appeler encore le rejet sur autrui, l'externalisation des responsabilités ;
4/ l'indifférence à la notion de qualité de service (à moins bien sûr d'en être un spécialiste officiel).
La mondialisation économique, en faisant voler en éclats toutes les frontières artificielles, tous les cloisonnements traditionnels, effondre tout le système. Le décloisonnement des expertises induit la mise à plat des hiérarchies, la responsabilisation générale (ou plus exactement l'internalisation des responsabilités) et dans les entreprises la culture du service-client, comprise comme la prise en charge globale du problème d'un client.
La mondialisation sonne donc le glas d'une certaine culture française conçue fondamentalement comme un culte de l'expertise au sein d'un temple consacré.
Demain les temples seront partout remplacés par des magasins, les prêtres centrés sur leur statut par des commerçants centrés sur leurs clients, les rites religieux par des transactions marchandes sans complexes et sans frontières.
Insupportable pour des esprits formatés depuis l'enfance au culte de la verticalité.
On peut ainsi se demander si toutes les manifestations de 2010 autour de la question des retraites n'expriment pas en fait le désarroi d'une population habituée aux hiérarchies, à la spécialisation, à la réduction maximale des certitudes confrontée brutalement à un océan d'incertitudes, à l'ouverture des frontières, à la suppression des cloisons culturelles ou sociales, à la disparition des castes, des réseaux, des sentiers balisés, des référentiels prestigieux, des certitudes rassurantes.
L'angoisse de l'escargot privé soudain de sa coquille.

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